Grâce à la data, nous pouvons mesurer quelles sont les villes de plus de 50 000 habitants les plus attractives pour acheter et faire prospérer un magasin d’optique. Ce secteur médical, qui est aussi lié à la mode, s’investit chaque jour dans de nouveaux produits et services pour s’adapter à un marché en pleine transition.

Un secteur dynamique

Le contexte du marché de l’optique est très intéressant à plusieurs titres. Régulièrement bousculé par des réformes, les réseaux de mutuelles, et très concurrentiel, il bénéficie cependant de perspectives constantes. Des enfants jusqu’aux personnes âgées, ils étaient, en 2014, 21 % à avoir acheté un équipement optique, et plus précisément 18 % des lunettes. Des chiffres à mettre en perspective face aux renouvellements des équipements tous les 3 ans environ. Ainsi, en 2017, 12 millions de paires de lunettes ont été vendues en France. Les complémentaires santé ont, quant à elles, financé 73 % des dépenses, soit 4,5 milliards d’euros.

Par ailleurs, notons que les enfants sont 18% à être équipés en grande section de maternelle et que 6% présentent un trouble de la vision sans pour autant porter des lunettes ou des lentilles. En CM2, 6% des enfants présentent encore des troubles non corrigés, et 25 %  portent un équipement. Et ce sont toujours 6% des adolescents en classe de 3ème qui présentent un problème de vue qui n’est pas traité, quand 28% de leurs camarades portent un équipement.

Quant aux prix moyens des équipements, ils évoluent bien entendu à la hausse à mesure que les années passent, puis… baissent à partir d’un certain âge. Mais il reste, d’une manière générale, encore élevés actuellement et mal remboursés, comme en témoigne la somme dérisoire délivrée par l’assurance maladie (environ 4€ pour un équipement standard). D’où l’importance d’avoir une bonne mutuelle, même si cela ne couvre pas la totalité des dépenses.

En moyenne, pour un enfant entre 0 et 4 ans, le prix total s’élève à 371 €, et à 454 € pour un jeune entre 15 et 19 ans. À partir de 30/40 ans, les choses se gâtent encore plus avec 480 € en moyenne. Puis, la moyenne commence à prendre la voie descendante pour atteindre 464 € entre 55 et 59 ans, avec un prix maximal néanmoins plus élevé. Il baisse ensuite sensiblement à partir de 60 ans pour atteindre une moyenne de 439 € entre 75 et 79 ans. En sachant que les plus de 65 ans sont 94% pour les hommes et 97% pour les femmes, à porter des lunettes ou des lentilles.

D’une manière générale, et dans l’ensemble de la population en 2014, 74% des gens de plus de 15 ans présentaient un trouble de la vision, corrigé ou non. Ce qui fait des jeunes adolescents une clientèle cible qui, lorsqu’elle commence à corriger sa vue, renouvellera ensuite son équipement tout au long de sa vie.

Des boutiques

Au 1er janvier 2016, on dénombrait pas moins de 34 370 opticiens lunetiers en activité, franchisés et indépendants confondus. Parmi eux, 73 % sont salariés et 27 % non salariés. Le secteur est privilégié par les femmes, sans être une majorité écrasante avec un taux de féminisation à 55%, et un âge moyen dans la profession de 37 ans.

En 2016 toujours, la densité d’opticiens pour 100 000 habitants s’établissait sur une moyenne nationale de 52 magasins. Entre 2010 et 2016, la France a par ailleurs connu une très forte augmentation des boutiques, de l’ordre de 58%. La plus forte densité étant à Paris intra-muros avec 110, soit plus du double du reste du territoire. Le Rhône et la Savoie sont entre les deux avec 65 boutiques pour 100 000 habitants. À l’autre extrémité, les territoires d’Outre-Mer comprennent seulement 28 opticiens pour 100 000 habitants. Les densités de magasins d’optique sont aussi faibles sur certains territoires en métropole. C’est notamment le cas en Dordogne, Corse-du-Sud, Eure, Indre, avec 32 à 35 opticiens.

Autre enseignement des chiffres de notre observatoire quant au secteur de l’optique et aux villes de plus de 50 000 habitants : le nombre de fermetures s’avère assez faible par rapport à d’autres commerces. Au maximum, une ville comme Nantes n’a connu que 3 fermetures de magasins d’optique en 2017 et seulement 2 à Nîmes, en bas de tableau.

De la même manière, les ouvertures sont équilibrées avec une poussée plus importante à Saint-Quentin dans l’Aisne (en centre-ville, de rue en rue, les opticiens sont partout !), avec 5 ouvertures, ou encore 4 à Grenoble.

La densité d’opticiens, qu’il s’agisse de franchises ou d’enseignes indépendantes, est néanmoins plus importante dans une ville comme Cannes, au même titre que Neuilly-sur-Seine. Ce qui indique que les boutiques d’optique sont d’autant plus nombreuses et prospères par habitant que le pouvoir d’achat y est important. Car chez un opticien, les lunettes de soleil de grandes marques sont aussi une part importante des ventes.

Les prix des cessions s’établissent en moyenne entre 0,7 et 0,8 millions d’euros, jusqu’à 0,9 M€ à Toulouse. Une ville qui n’a cependant pas une très forte densité d’opticiens par habitant malgré son dynamisme commercial par ailleurs.

D’une manière générale, le marché de l’optique a connu une baisse de chiffre d’affaires en 2017. Et les inquiétudes, autant du côté des indépendants que des franchisés, s’intensifient à mesure que la nouvelle législation se met en place sur le “reste à charge zéro”. Pourtant, il y a matière à rester confiant pour l’avenir dans un secteur qui se bat lui aussi avec le commerce en ligne, mais qui a des arguments à faire valoir sur le service. Et les dirigeants, comme les gérants, font preuve d’optimisme pour un commerce qui montrera toujours son utilité. Surtout à mesure que la population vieillit et qu’elle scrute des écrans à longueur de journée…

Le secteur de l’audition
Parallèle au secteur optique, et parfois confondu dans certaines enseignes, le secteur de l’audition est plus limité mais porteur. Ainsi, on estime que 6 millions de personnes en France souffrent de difficultés d’audition qui augmentent avec l’âge. Environ la moitié de ces personnes pourrait être appareillée, mais seulement 35% des gens qui sont confrontés à une déficience auditive portent un appareil. Selon l’importance du trouble, les personnes concernées ont en effet plus ou moins l’intention de faire cette démarche. D’autant que le coût est élevé, même si le remboursement atteint parfois 60% de la dépense (évaluée en moyenne à 1500 € par oreille).

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